Baubiologie, 25 règles devenues principes de la bio-construction

baubiologie-bio-constructionAnton Scheneider a fondé en 1977 l’Institut für Baubiologie + Nachhaltigkeit IBN (Institut de biologie du bâtiment + durabilité) en Allemagne dans le but d’étudier et de diffuser des constructions écologiques et saines. https://www.baubiologie.de/

Il y a quelques années, l’Institut de Baubiologie a établi une série de 25 règles qui sont devenues les principes de la bio-construction ou éco-construction. Explications !

Matériaux de construction et insonorisation

1- Matériaux naturels et non falsifiés

Un matériau qui ne peut être recyclé, réutilisé ou dégradé au cours de son cycle de vie ne devrait pas être considéré comme convenant à l’écoconstruction.

Cela concerne tous ceux qui sont responsables d’un processus de construction, du promoteur à l’architecte, y compris le constructeur et les organismes de contrôle et de certification. Ils doivent assumer la responsabilité de penser non seulement dans le moment présent mais aussi dans 10, 20, 30 ou même 100 ans lorsque le travail se dégrade, les matériaux doivent être remplacés ou doivent être réhabilités ou même démolis.

Qu’en est-il des tonnes et des tonnes de matériaux de construction nécessaires pour un chantier de construction ? Est-il possible de les ramener au cycle naturel ?

2- Matières inodores ou inodores qui n’émettent pas de substances toxiques

L’odorat est un sens qui est souvent négligé dans l’architecture, mais il ne doit pas être négligé parce qu’il fonctionne beaucoup plus inconsciemment que la vue ou le toucher.

L’odeur du bois des meubles naturels ou de la végétation d’un patio ou d’un jardin peut changer la perception d’une pièce ou d’une maison entière.

D’autre part, il est important de tenir compte de la composition des matériaux et de leur sécurité tant pour l’environnement que pour les personnes. La plupart des produits de construction conventionnels contiennent un certain type de substances toxiques, dont bon nombre sont finalement rejetées dans la maison au fil des ans.

Par exemple, la plupart des produits d’isolation en laine de roche sont agglomérés avec du formaldéhyde, un composant cancérigène que l’on ne voudrait pas avoir dans ses murs et dont la présence a été démontrée dans l’air intérieur des maisons isolées avec ce matériau.

3- Matériaux faiblement radioactifs

L’un des plus gros problèmes liés à la radioactivité est que les humains n’ont pas de capteurs naturels pour la détecter.

L’émission de rayons radioactifs peut affecter nos processus biologiques ou la croissance des plantes, entre autres. Pour cette raison, nous devons prendre soin de minimiser notre exposition aux environnements radioactifs.

Les matériaux faiblement radioactifs que l’on trouve dans l’architecture sont principalement l’argile, la céramique, le bois et la pierre, matériaux naturels et durables. Mais attention ! Il y a quelques types de pierre avec une certaine activité radioactive, en particulier certains types de marbre.

4- Protection acoustique et anti-vibration pour les personnes

Pour construire selon les principes de la bio-construction, nous devons aussi nous protéger acoustiquement.

Il faut prévoir que le son filtre à travers l’air mais aussi à travers les matériaux. Dans le premier cas, il suffira de placer des éléments qui réduisent la transmission du son à travers la masse, comme un mur.

Cependant, dans le second cas, afin de dissiper les vibrations sonores transmises par les matériaux, il faut éviter qu’un matériau soit continu et que les joints avec d’autres éléments soient élastiques. C’est-à-dire que nous placerons différentes couches de différents matériaux afin que le bruit vibratoire ne soit pas transmis directement et perde de sa force.

Environnement intérieur en bio-construction

5- Régulation naturelle de l’humidité atmosphérique intérieure par l’utilisation de matériaux hygroscopiques

Les matériaux hygroscopiques sont ceux capables d’absorber l’humidité de leur environnement grâce à leur porosité.

Par conséquent, l’humidité dans notre maison sera naturellement régulée, ces matériaux absorberont l’humidité lorsqu’il y a trop d’humidité dans l’environnement, par exemple après la cuisson ou la douche, et la libéreront lorsque l’environnement est trop sec, par exemple après plusieurs heures de chauffage sans ventilation naturelle.

6- Minimisation et dissipation rapide de l’humidité des nouvelles constructions

La construction d’une maison implique une grande quantité d’eau qui provoque une augmentation considérable de l’humidité.

Dissiper toute l’eau accumulée dans l’environnement peut être réalisé par une ventilation naturelle, mais celle-ci doit être efficace et pour une période de temps considérable, qui peut être de plusieurs semaines ou même de plusieurs mois.

Il est nécessaire de garder à l’esprit que dans le passé, après la construction d’une nouvelle maison, plusieurs années pouvaient s’écouler avant que ses propriétaires ne l’occupent et cette période a été spécifiquement conçue pour permettre le séchage de l’œuvre.

7- Rapport équilibré d’isolation thermique et d’accumulation de chaleur

Bien qu’il soit maintenant à la mode d’isoler beaucoup les maisons, car cela semble être la recette magique de l’efficacité énergétique, nous ne devons pas oublier que l’efficacité est aussi obtenue en faisant travailler les matériaux en notre faveur.

Dans ce sens, il est important de combiner une bonne isolation avec l’accumulation de chaleur des murs de masse et de densité élevées qui peuvent emmagasiner la chaleur du soleil et la libérer après quelques heures.

8- Température optimale de la surface et de l’air ambiant

Cela nous est arrivé à tous à un moment ou à un autre, que ce soit chez nous ou chez un ami, nous sommes allés jusqu’au mur et nous avons remarqué qu’il gèle.

La maison peut être chaude grâce au chauffage ou à la chaleur des gens, mais si nous n’avons pas une bonne isolation des murs et que les murs sont froids, non seulement nous pouvons souffrir de condensation et d’humidité, mais nous avons aussi des surfaces rayonnantes qui réduisent l’efficacité du système de chauffage.

Bien sûr, la température de la maison aura une influence énorme sur notre bien-être et notre confort. Il est conseillé d’utiliser des matériaux plutôt chauds ou capables d’accumuler la chaleur du soleil ou d’un système de chauffage par rayonnement.

L’air ambiant doit être à une température comprise entre 18 et 22 degrés, selon qu’il s’agit d’un lieu de vie, d’un lieu de passage ou d’un bain où la température doit être un peu plus chaude.

9- Bonne qualité de l’air ambiant grâce au renouvellement naturel

Construction de fenêtres selon les principes de la bioconstruction.

La réalité est que dans la plupart des maisons aujourd’hui, l’air intérieur est de bien moins bonne qualité que l’air extérieur, en ce sens qu’il est probablement plus chargé de CO2 et de polluants domestiques comme:

  • la poussière,
  • l’humidité,
  • la moisissure,
  • d’autres contaminants provenant de produits ou matériaux de construction non naturels.

De plus, la plupart des appareils de chauffage ont tendance à assécher l’environnement et à réduire l’humidité relative. Une humidité de l’air suffisante d’environ 50% est nécessaire pour que notre corps maintienne ses défenses en alerte.

10- Chaleur rayonnante pour le chauffage

Saviez-vous que le radiateur classique d’une vie ne fonctionne pas par rayonnement mais par convention ? La chaleur émise par le rayonnement n’est que de 20 à 30 % environ, car son fonctionnement est basé sur le chauffage à haute température et la génération d’une convection d’air à travers les conduits creux qui le composent.

La chaleur rayonnante par excellence est le plancher ou le mur radiant et est basée sur l’irradiation de chaleur à basse température à travers une grande surface. Ce n’est pas seulement plus rentable parce que la température à laquelle nous devons chauffer l’eau est plus basse, mais aussi parce que nous chauffons déjà la pièce par la chaleur rayonnée par les matériaux et non par le mouvement de l’air chaud. Il ne faut pas oublier que la chaleur rayonnante en fonctionnement à basse température ne brûle pas et ne soulève pas la poussière comme c’est le cas avec les radiateurs.

Il va sans dire que le chauffage de l’air n’est pas seulement inefficace parce qu’il ne chauffe que l’air et non les matériaux qui sont le moyen efficace et durable de chauffer un espace, mais il déplace aussi la poussière et assèche l’environnement, laissant nos muqueuses affaiblies et notre organisme dépourvu de défenses.

11- Altération minimale de l’environnement de rayonnement naturel

Alors que le rayonnement est naturellement présent sur terre, soit par l’émanation même des matériaux, soit par les rayons cosmiques, soit par l’émanation du radon gazeux du sol, la réalité est qu’aujourd’hui l’homme a créé une multitude de sources de rayonnement artificiel.

Il est important de choisir un emplacement exempt de sources naturelles et artificielles de rayonnement et de limiter la présence de matériaux ou d’appareils émetteurs.

En cas de soupçon de radon, il est possible de trouver les plans officiels en ligne ou de faire des études de terrain si nous avons des doutes.

12- Absence de champs électromagnétiques et d’ondes radio en expansion

La conception d’installations électriques biocompatibles, le choix d’un emplacement dans la maison loin des antennes téléphoniques ou des lignes électriques à haute tension, le choix de l’Internet filaire au lieu du WIFI, la suppression du téléphone sans fil ou de celui qui n’émet que dans le cas d’appels actifs, la suppression des systèmes micro-ondes ou vitrocéramique à induction qui génèrent des champs magnétiques intenses autour du conteneur sont quelques-unes des stratégies de base pour réduire la présence de champs électromagnétiques dans la maison.

Toutes ces altérations sont particulièrement importantes pendant la nuit où notre corps doit se reposer et il est important qu’il puisse le faire sans perturbations électromagnétiques dans l’environnement.

13- Réduction de la présence de champignons, bactéries, poussières et allergènes

La présence de microorganismes pathogènes dans l’environnement est étroitement liée à la qualité de l’air intérieur.

Pour commencer, nous avons besoin d’une bonne exécution matérielle de l’ouvrage, il ne sert à rien d’avoir une excellente ventilation si de l’humidité apparaît sur un mur. Il est important que le technicien chargé du projet supervise l’exécution des détails de construction pendant les travaux et que ceux-ci soient conçus pour éviter la condensation et l’humidité.

De plus, il est important de se rappeler l’importance de la ventilation naturelle et de la lumière directe du soleil dans les pièces, car les rayons du soleil ont des effets bactéricides.

Environnement, énergie et eau

14- Minimiser la consommation d’énergie en tirant le meilleur parti des sources d’énergie renouvelables

La première norme d’efficacité énergétique est la réduction de la consommation, à partir de laquelle la consommation restante est générée par des sources renouvelables.

15- Des matériaux de construction, de préférence de la région, qui n’encouragent pas l’exploitation abusive des matières premières

Les matériaux de proximité nous permettent d’économiser sur les transports et l’intégration sociale, économique et environnementale de notre territoire. Nous devons toutefois veiller à ce que l’extraction de ces matières se fasse d’une manière contrôlée et adaptée à l’environnement auquel elles appartiennent.

16- Prévention des problèmes environnementaux

Il y a des douzaines de mesures pour prévenir les problèmes environnementaux. Par exemple, réduire la consommation d’eau, utiliser des matériaux recyclables ou réduire la consommation de combustibles fossiles. Cela réduira la pollution atmosphérique et la production de déchets.

Notre maison doit être intégrée dans l’environnement, en tirant parti des ressources disponibles et en les utilisant de manière respectueuse.

17- Qualité optimale possible de l’eau potable

L’eau est une source de vie et l’eau fournie par notre maison grâce à la récupération de l’eau de pluie, l’extraction d’un puits ou même directement de l’approvisionnement public en eau devrait être en excellent état puisque la santé de notre famille en dépend.

Il est conseillé de faire une étude périodique de l’eau que nous buvons et de prendre des mesures si nécessaire pour filtrer les particules nocives éventuelles.

Design d’intérieur

18- Respect des dimensions, des proportions et des formes harmonieuses

La conception et la distribution d’une maison répondent à des besoins subjectifs établis par le client dans chaque projet. Pour cette raison, le dimensionnement adéquat des espaces en fonction de ces besoins, ainsi qu’un aménagement adéquat, confortable, pratique et cohérent et une formologie architecturale intégrée dans l’environnement et des formes harmonieuses sont quelques-uns des principaux facteurs de conception d’une maison qui déterminera notre bien-être dans celle-ci.

19- Conditions naturelles de lumière, d’éclairage et de coloration

D’autre part, la lumière et la couleur seront tout aussi importantes lors de la construction selon les principes de la bio-construction.

L’être humain est habitué à la lumière changeante du jour, qui produit aussi de petits changements de couleurs. Par conséquent, si nous traitons notre éclairage de manière à ce qu’il puisse être adapté aux tâches et que nous utilisons la lumière naturelle, nous activerons notre organisme en fonction des besoins de chaque moment.

20- Profiter de la connaissance de la physiologie et de l’ergonomie dans la décoration et l’équipement de l’espace intérieur

Que notre posture soit correcte lorsque nous sommes assis sur une chaise ou que le mobilier de cuisine ne nous force pas à faire des gestes forcés sont quelques exemples pour éviter des malaises et des douleurs inutiles.

Parcelle de terrain

21- Absence de perturbations naturelles et artificielles dans le site

En ce qui concerne les perturbations naturelles, on peut trouver des courants d’eau souterraine ou la présence de radon, entre autres.

En ce qui concerne les perturbations artificielles, nous pouvons trouver par exemple la présence de lignes électriques à haute tension ou d’antennes téléphoniques à proximité. Parfois, des perturbations artificielles peuvent provenir du voisin, comme une émission WIFI.

22- Des maisons éloignées des sources d’émissions polluantes et du bruit

Il faut s’efforcer d’éviter les émissions polluantes et le bruit comme les lignes de chemin de fer, les autoroutes ou les usines. L’inconfort continu peut diminuer notre qualité de vie.

23- Méthode de construction décentralisée et flexible dans les urbanisations paysagères.

Au-delà de la sphère du logement lui-même, au niveau urbain, il est important d’éviter les développements de logements de masse qui se construisent en chaîne sans aucune adaptation à la famille qui va l’occuper.

En outre, l’urbanisme devrait toujours intégrer la présence du vert au contact des zones résidentielles.

24- Logement et environnement résidentiel, étroitement lié à la nature, digne et compatible avec la vie familiale.

Bien sûr, l’interaction de l’environnement, la nature avec les utilisateurs de la maison est l’un des grands avantages de l’environnement résidentiel dispersé.

Construire une maison qui ne se ferme pas sur elle-même, mais qui se rapporte à l’environnement immédiat et nous permet de la rendre compatible avec la vie familiale et professionnelle est l’un des principes de la bioconstruction.

25- Absence de conséquences sociales négatives

Nous ne pouvons pas avoir une maison saine et durable si nous ne vivons pas dans un environnement sain et durable, et ce n’est pas seulement une question de logement, mais aussi de communauté.